Hortaplan

Comment nous calculons les dates de gel

Toutes les dates d’Hortaplan viennent d’un même calcul, appliqué de la même façon aux 96 départements. Voici d’où viennent les données, ce que nous en faisons et ce qu’il faut garder en tête en les lisant.

D’où viennent les données

Les températures proviennent des données climatologiques de base quotidiennes de Météo-France, publiées en accès libre sur meteo.data.gouv.fr sous la Licence Ouverte 2.0 d’Etalab. Pour chaque station, nous utilisons la température minimale de la journée, relevée sous abri.

Nous retenons la période 1991–2020, celle des normales climatiques actuelles, soit trente années. Après les contrôles décrits plus bas, 1 632 stations de France métropolitaine ont été conservées. Les dates sont tirées de ces seuls relevés, sans estimation ni correction extérieure.

Dernière mise à jour des données : 16 octobre 2026.

Ce que nous appelons une gelée

Une journée compte comme une gelée quand la température minimale sous abri descend à 0 °C ou en dessous. Nous calculons aussi, à part, les gelées fortes, à −2 °C ou moins.

La température d’une station est mesurée sous abri, à distance du sol. Par nuit claire et sans vent, le sol et les feuilles peuvent geler alors que la température sous abri reste au-dessus de zéro : la gelée blanche touche d’abord les plantes basses.

Les jours sans mesure, ou dont la mesure est signalée douteuse par Météo-France, sont considérés comme manquants ; nous ne les remplaçons pas par une estimation. Une année n’est gardée pour le printemps que si au moins 90 % des jours du 1er janvier au 30 juin ont une mesure valable, et au moins 95 % du 1er mars au 30 juin, la période où se joue la dernière gelée. Pour l’automne, les seuils sont de 90 % du 1er juillet au 31 décembre et de 95 % du 1er octobre au 30 novembre. Un jour manquant pourrait cacher une gelée : ces seuils évitent de fausser les dates.

Une station est retenue si elle compte au moins 25 années complètes sur 30, au printemps comme à l’automne. Entre 20 et 24 années, elle figure dans les tableaux avec la mention « série courte » ; si elle sert de station de référence, la page du département le signale. En dessous de 20 années, elle est écartée.

Dernière et première gelée : comment lire les dates

Pour chaque année, nous relevons la date de la dernière gelée de printemps, c’est-à-dire le dernier jour de gel entre le 1er janvier et le 30 juin, et celle de la première gelée d’automne, le premier jour de gel entre le 1er juillet et le 31 décembre. Le 1er juillet sert de frontière entre les deux saisons, comme dans la méthode des normales de Météo-France, qui étudie le gel du 1er juillet au 30 juin suivant.

Dans les départements doux, la dernière gelée de l’hiver tombe souvent en janvier ou en février : c’est elle qui sert de repère. Une gelée de janvier compte ainsi pour le printemps de la même année, jamais pour l’automne précédent.

L’ensemble des dates annuelles donne trois repères. L’année précoce : 1 année sur 10 seulement, la gelée est arrivée plus tôt. L’année médiane : 1 année sur 2, elle est arrivée plus tôt, 1 année sur 2 plus tard. L’année tardive : 1 année sur 10 seulement, elle est arrivée plus tard.

Ces repères sont calculés par interpolation entre les dates observées. Avec trente années, « 1 année sur 10 » repose sur environ trois années : ce sont des fréquences constatées, pas des garanties. La méthode des normales de Météo-France retient la médiane et les quintiles (1 année sur 5) ; nous allons jusqu’à 1 année sur 10 pour laisser plus de marge au jardinier.

Certaines années, il ne gèle pas du tout pendant la période étudiée. Ces années ne sont pas écartées : elles comptent comme des années sans gel, faute de quoi le climat paraîtrait plus froid qu’il ne l’est. Quand plus de la moitié des années sont sans gel, il n’existe pas de date médiane et le site indique « gel rare » ; Météo-France ne donne pas de date non plus dans ce cas.

Sur les pages des gelées, un tableau indique pour plusieurs dates dans quelle proportion des années une gelée a encore eu lieu après cette date au printemps, ou avant cette date à l’automne. C’est un simple comptage des années observées, sans modèle statistique.

La station de référence d’un département

Chaque département a une station de référence, dont les dates sont citées dans les textes. Pour la choisir, nous rattachons chaque commune de France à la station retenue la plus proche, en tenant compte de la différence d’altitude, puis nous additionnons les habitants de ces communes (populations de l’INSEE diffusées par geo.api.gouv.fr). Dans chaque département, la station qui représente le plus d’habitants devient la station de référence.

Nous aurions pu prendre la station la plus proche de la préfecture. Nous avons préféré celle qui ressemble le plus aux lieux où vivent les habitants, donc où se trouvent la plupart des jardins, plutôt qu’un poste isolé en montagne ou en bord de mer. Si aucune station du département ne représente d’habitants, nous prenons la plus proche de la préfecture.

Les principales autres stations du département figurent dans les tableaux, avec leur altitude : elles montrent l’écart entre plaine et relief, ou entre côte et intérieur. Si un département n’avait aucune station fiable, nous emprunterions la station de référence d’un département voisin, en le signalant sur la page. Avec les données 1991–2020, aucun département n’est dans ce cas.

Comment nous avons vérifié les chiffres

Météo-France publie, pour ses stations principales, des fiches de normales 1991–2020 qui donnent le nombre moyen de jours de gel par mois. Nous avons recalculé ce nombre à partir des relevés quotidiens pour les 74 stations de référence qui disposent d’une telle fiche ; les 22 autres n’en ont pas. Sur l’année, l’écart médian est de 0,1 jour et ne dépasse jamais 0,3 jour ; les chiffres concordent aussi mois par mois. Cela confirme que nous lisons les températures, les codes de qualité et la période comme Météo-France.

Pour les dates de dernière et de première gelée, une comparaison directe n’est pas possible : Météo-France ne publie pas de dates moyennes de dernière gelée en données ouvertes, seule sa méthode de calcul est documentée. Nous avons donc vérifié que notre méthode suit la sienne : même découpage de l’année au 1er juillet, même usage de la médiane et, comme elle, pas de date quand la plupart des années sont sans gel.

Nous avons aussi testé nos propres choix sur 15 départements, en rendant les seuils de données manquantes plus souples ou plus stricts, ou en gardant les mesures signalées douteuses. La dernière gelée médiane ne change pas pour 13 d’entre eux et varie de 6 jours au plus pour les autres. Enfin, sur des données de test, le programme est comparé à un second calcul indépendant, plus simple, qui donne les mêmes dates.

Comment sont construites les fenêtres de semis et de plantation

Pour chaque culture, nous avons relevé dans les sources citées plus bas les périodes de semis, de plantation et de récolte, la durée de culture et la résistance au froid. La plupart de ces sources donnent des mois valables pour toute la France ; quelques-unes situent directement le semis par rapport au gel, par exemple « dès que les gelées ne sont plus à craindre ».

Pour adapter ces calendriers à chaque lieu, nous les traduisons en nombre de jours avant ou après les dates de gel médianes des stations de référence de tous les départements : dernière gelée de l’année médiane ou de l’année tardive, première gelée d’automne de l’année médiane. Chaque traduction de ce genre s’appuie sur au moins deux sources indépendantes. Ces écarts sont ensuite appliqués aux dates de gel de chaque station : une fenêtre liée à la dernière gelée s’ouvre plus tôt là où le gel cesse plus tôt. Les limites de calendrier données par les sources, comme « pas avant » ou « au plus tard », sont conservées. Quand aucun chiffre fiable n’est trouvé, la fenêtre n’est pas publiée.

Dans les départements les plus doux, comme sur une partie des côtes méditerranéenne et corse ou à la pointe du Cotentin, la dernière gelée survient dès l’hiver, quand elle n’est pas absente la plupart des années. Appliqués tels quels, ces écarts feraient tomber certaines fenêtres en plein hiver, alors que des règles tirées de calendriers valables pour toute la France ne tiennent plus aussi loin de leurs dates habituelles. Les dates de gel qui servent à placer les fenêtres sont donc bornées : la dernière gelée n’est jamais placée plus tôt qu’au seuil des 10 % de stations de référence où elle survient le plus tôt, la première gelée d’automne jamais plus tard qu’au seuil des 10 % où elle arrive le plus tard, et une fenêtre de printemps ou d’été ne s’ouvre jamais avant le 1er janvier. Le niveau de risque décrit plus bas reste, lui, calculé sur les années réellement observées à la station, sans ces bornes ; de même, la récolte des cultures frileuses s’arrête à la première gelée d’automne de la station elle-même.

Chaque fenêtre appartient à l’un de ces types : semis sous abri, en intérieur, sous serre ou sous châssis ; semis en pleine terre, directement au jardin ; mise en place au jardin des plants élevés à l’abri ; plantation, pour les caïeux d’ail, les tubercules de pommes de terre ou les plants de fraisiers ; récolte, enfin.

La période de récolte part de la fenêtre de semis ou de plantation et des durées de culture indiquées par les sources. Pour les cultures sensibles au froid, elle s’arrête à la première gelée d’automne, en général celle d’une année précoce : la mention « (jusqu’au gel) » le signale. Si la saison est trop courte pour arriver à la récolte, le tableau l’indique.

Les cultures qui résistent au gel ne reçoivent pas de niveau de risque. Pour les autres, un niveau est donné pour les semis en pleine terre, les mises en place et les plantations de printemps et d’été ; les semis sous abri et les fenêtres d’automne n’en ont pas. Ce risque est la part des années où la dernière gelée de printemps est survenue après le début de la fenêtre, à la station concernée :

  • très faible : moins de 5 % des années ;
  • faible : de 5 à 15 % ;
  • modéré : de 15 à 35 % ;
  • élevé : plus de 35 %.

Les limites

Une station n’est pas votre jardin. Un fond de vallée, un bas de pente où l’air froid s’accumule, un jardin en ville ou adossé à un mur exposé au sud peuvent s’écarter de plusieurs degrés par nuit claire. Le site n’applique pas de correction d’altitude : si votre terrain est plus haut que la station, le gel y dure en général plus longtemps.

Trente années, c’est la règle pour les normales climatiques, mais c’est peu pour les années extrêmes : un repère « 1 année sur 10 » s’appuie sur environ trois hivers. Le climat change aussi : la dernière gelée a tendance à arriver plus tôt, et les dates 1991–2020 peuvent être un peu tardives par rapport aux conditions actuelles.

Ces dates sont des repères tirés du passé, ni une prévision ni une garantie. Une gelée peut survenir après la date de l’année tardive : par définition, cela arrive environ 1 année sur 10. Le site ne tient pas compte non plus de la température du sol, de l’exposition ni des variétés, qui peuvent avancer ou retarder une culture. Avant de sortir les plants frileux, la prévision météo des jours suivants reste le meilleur complément.

Sources agronomiques

Les règles de culture viennent surtout de catalogues de semences et de sites spécialisés en jardinage, complétés par quelques fiches techniques d’organismes agricoles et de recherche. Chaque règle est rattachée à au moins une source précise, consultée à une date connue, avec un court extrait qui permet de la vérifier.

Ces organismes et ces sites ne sont pas associés à Hortaplan et ne sont pas responsables de nos calculs. Nous reformulons leurs informations avec nos propres mots. Le site ne recommande aucun produit et ne donne ni dose d’engrais ni traitement. Voici les sources consultées :

  • organismes agricoles et de recherche : Semae (interprofession des semences et plants), Agrobio Bretagne (réseau des groupements d’agriculteurs bio de Bretagne), FiBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique), Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône (fiche diffusée par le GRAB) ;
  • catalogues de semences et de plants : Graines Baumaux, La Ferme de Sainte Marthe, Vilmorin, Promesse de Fleurs ;
  • sites et guides de jardinage : Jardiner Malin, Gerbeaud, Au Jardin, Futura Sciences, Jardin Couvert, Wikifarmer, ProSpecieRara.

Mise à jour et réutilisation

Les normales climatiques sont recalculées tous les dix ans. À la publication de la prochaine période de référence, les calculs seront refaits avec les mêmes règles, et cette page précisera tout changement de méthode.

Les données de Météo-France sont réutilisables librement sous la Licence Ouverte 2.0, à condition d’en citer la source et la date de mise à jour. Les dates calculées par Hortaplan sont des données dérivées : Météo-France n’est pas responsable de ces calculs.

Pour citer nos chiffres : « Hortaplan, d’après les données quotidiennes de Météo-France, période 1991–2020, mise à jour du 16 octobre 2026 ». Les autres données publiques utilisées sont les suivantes :

  • communes, populations et codes postaux : geo.api.gouv.fr (Etalab), sous Licence Ouverte 2.0, consulté en octobre 2026 ;
  • contours des départements : IGN, base ADMIN EXPRESS COG, édition 2018, sous Licence Ouverte 2.0, dans la version simplifiée publiée par le projet france-geojson ;
  • altitude des communes, lue à l’emplacement de la mairie : modèle numérique de terrain EU-DEM du programme européen Copernicus, produit avec un financement de l’Union européenne, consulté via le service OpenTopoData.